Et si nous adoptions un enfant?

Après un long parcours en procréation assistée, vous êtes peut-être arrivé à une période de votre vie où vous songez vous tourner vers l’adoption?

Vous vous posez beaucoup de questions comme :

  • Où dois-je m’adresser pour obtenir toute l’information utile au sujet de l’adoption?
  • Comment obtenir de l’aide pour choisir le pays d’origine de l’enfant?
  • L’adoption provinciale (par la DPJ), comment ça fonctionne?
  • J’aimerais devenir famille d’accueil de type « banque mixte », à quoi devrais-je m’attendre?
  • Quel est le taux de retour en famille biologique des enfants placés en banque mixte?
  • Quels sont les délais d’attente pour chaque type d’adoption?
  • Ma condition d’infertile sera-t-elle prise en compte lors de mes démarches en adoption?
  • J’ai entendu parler du syndrome de l’attachement dont souffrent beaucoup d’enfants adoptés, qu’est-ce que c’est?
  • Est-ce que le risque en vaut la chandelle?
  • Je me sens assez fort(e) pour me lancer dans l’aventure de l’adoption banque mixte, mais existe-t-il des organismes qui me permettraient d’adopter un enfant d’ici sans subir beaucoup d’attentes?

L’ACIQ souhaite vous aider à trouver des réponses et à déterminer si cette nouvelle étape de vie vous convient.

Où dois-je m’adresser pour obtenir toute l’information utile au sujet de l’adoption?

Il y a deux sources incontournables, qui donnent beaucoup d’informations (délais d’attente, coûts s’il y a lieu, procédures, etc.).

Comment obtenir de l’aide pour choisir le pays d’origine de l’enfant?

Le secrétariat à l’adoption internationale dispose de la liste complète des organismes agréés en matière d’adoption internationale (il est bon de savoir que vous ne pouvez pas faire d’adoption privée comme ça se fait en France, ici, c’est obligatoire de traiter avec un organisme). De plus, vous pouvez également consulter une liste qui donne une bonne idée des coûts pour chaque pays. Après, si vous hésitez toujours, vous pouvez téléphoner au secrétariat, un(e) agent(e) se fera un plaisir de vous informer et de vous guider en fonction de vos attentes. Si en autre les délais d’attente sont votre plus grande inquiétude, sachez que certains pays offrent des enfants plus vieux ou des fratries et qu’ainsi les délais d’attente sont moins longs que pour un seul bébé.

L’adoption provinciale (par la DPJ), comment ça fonctionne?

  • Il y a l’adoption régulière (abandon à la naissance) au Québec, mais c’est très rare, le délai d’attente est de 10 à 15 ans.
  • Il y a l’adoption « banque mixte »; vous serez une famille d’accueil pendant quelques années, le temps que la DPJ prouve au juge que les parents biologiques ne se mobilisent pas suffisamment pour récupérer leur enfant. Durant les démarches, vous aurez droit à plusieurs étapes de « bonnes nouvelles ». D’abord, le jumelage, ensuite les 6 mois de placement régulier. C’est durant ces étapes que le risque de perdre l’enfant est le plus élevé. Par la suite, tout dépend du dossier. Vous pouvez avoir rapidement un placement jusqu’à la majorité de l’enfant… Ceci vous garantira que la DPJ devra retourner en cours pour vous retirer l’enfant. De plus, le parent perd en partie ses droits parentaux que la DPJ récupère, mais il ne perd pas tous ses droits. Les visites supervisées entre l’enfant et son parent demeureront présentes, certains parents y tiennent, d’autres non… Et c’est seulement lorsque le parent accepte de signer la déchéance parentale ou qu’il n’y ait pas eu de visite depuis longtemps que le juge accepte de prononcer l’adoption. Finalement, vous aurez, si vous êtes chanceux, l’ordonnance d’adoption qui vous transfère tous les droits parentaux, le changement de nom, et même votre nom sous les titres « mère » et « père » sur le baptistère de l’enfant.

J’aimerais devenir famille d’accueil banque mixte, à quoi devrais-je m’attendre?

Il n’y a aucun profil type de dossier ou d’enfant, mis à part une limite d’âge de 5 ans, et un risque d’abandon élevé. Vous pouvez autant vous retrouver avec un bébé naissant qu’un bambin de 2 ans qui a déjà subi du ballotage. Par contre, lors du jumelage, les intervenants(e)s vous expliqueront le profil de l’enfant et son profil familial, ce sera alors à vous de voir si cela vous convient. Qui plus est, lorsque vous serez accrédité (après l’étude psychosociale réussit) les intervenants(e)s vous feront remplir un questionnaire dans lequel vous indiquerez les problématiques avec lesquelles vous êtes à l’aise et celles que vous ne vous sentez pas en mesure d’assumer. Par exemple, vous pourriez choisir d’accepter un enfant dont les parents ont des troubles mentaux, mais refuser des bébés porteurs du VIH. Évidemment, plus vos critères sont restrictifs, plus le délai d’attente sera long.

Quel est le taux de retour en famille biologique des enfants placés en banque mixte?

Cela varie et cela fluctue selon les régions, les intervenants, les juges… En 2013-2014, le taux de retour était plus élevé que les années précédentes, néanmoins le nombre d’adoption était à la hausse. Si vous désirez connaître les chiffres exacts, référez-vous au Rapport annuel ou au Bilan du directeur de la protection de la jeunesse du centre jeunesse provincial ou de votre région.

Quels sont les délais d’attente?

Il y a beaucoup de variantes qui jouent sur les délais d’attente, le mieux est de contacter régulièrement les organismes (adoption internationale) ou le centre jeunesse de votre région pour connaître l’état de la liste d’attente. Ne vous découragez pas si on vous annonce un long délai, chaque dossier est traité selon l’ordre d’inscription. Parfois il y a des gens qui renoncent en cours de route, de plus il peut y avoir une augmentation de signalements, etc. De même, ne soyez pas trop emballé lorsqu’on vous annonce un court délai, là aussi il peut survenir une foule de situations qui allongeront les délais.

Ma condition d’infertile sera-t-elle prise en compte lors de mes démarches en adoption?

Malheureusement non, que ce soit au SAI ou à la DPJ l’adoption n’est pas considérée comme un soin pour les couples infertiles. C’est le bien de l’enfant qui compte d’abord et avant tout (charte des droits de l’enfance oblige : http://www.ohchr.org/fr/professionalinterest/pages/crc.aspx et loi de la protection de l’enfance :
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/P_34_1/P34_1.html ). Vous devrez même démontrer que votre état de santé ne nuira pas à l’enfant. De plus, tout le monde peut s’inscrire à la liste d’attente pour l’adoption, que ce soit à l’internationale ou à la DPJ. La seule situation où vous pouvez espérer passer en priorité c’est si vous êtes un membre de la famille éloignée de l’enfant.

J’ai entendu parler du syndrome de l’attachement, concrètement, qu’est-ce que c’est?

Pour bien comprendre ce qu’est le syndrome d’attachement dont souffrent certains enfants adoptés, voici une image qui peut vous donner une bonne idée. Imaginez un bébé canard seul sur le bord de la route. La maman canard a disparue. Bébé canard cherche désespérément une autre maman canard. Quelques instants plus tard, il en trouve une autre et se met à la suivre partout. Malheureusement, il se réveille un autre matin et sa nouvelle maman canard a elle aussi disparue… À la longue, bébé canard comprendra qu’il vaut mieux se débrouiller tout seul et quand il verra d’autres mamans canard, même si elles font tout pour le rassurer, il ne les suivra plus. Il deviendra hyper indépendant et réfractaire à toute forme d’attachement. Ce sera très difficile pour lui d’avoir confiance en l’adulte.
Il n’y a pas de recette magique pour aider ce bébé, il faut être constant, présent et laisser le temps lui prouver qu’on est là pour rester. Il faut surtout l’apprivoiser doucement, mais avec de la patience, la plupart finissent par se laisser aimer.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’association de Parents d’Enfants présentant des Troubles de l’Attachement.

Est-ce que le risque en vaut la chandelle?

Peu importe le risque d’entamer des procédures d’adoption qui n’aboutiront pas comme vous l’auriez souhaité, il y a une seule chose à se dire quand on se lance dans ce projet : est-ce qu’on s’empêche de se marier parce que la majorité des couples mariés divorcent? Où est-ce qu’on s’est empêché d’avoir des soins en procréation médicalement assistés par peur d’une fausse couche?

Alors si vous choisissez cette voie, vivez cette expérience simplement comme une des plus belles histoires d’amour, sans trop penser aux « et si je le perdais? ». Vous entendrez beaucoup de gens vous dirent « je sais pas comment tu fais, moi je ne serais pas capable », mais si vous avez été « capable » de passer à travers les procédures de procréations médicalement assistées, vous êtes habitué à ce genre de situation difficile avec lesquelles vous devez composer depuis des années…

Oui, ce n’est pas le même combat, vous passerez d’un combat d’action où vous devez vous rendre régulièrement en clinique à un combat meublé d’attentes et qui mettra votre patience à rude épreuve. Néanmoins, l’objectif est le même, fondez une famille. Ça ne réglera pas votre infertilité, vous allez avoir envie de gifler celles qui vous diront « Ah, toi tu es chanceuse, tu as un enfant, mais tu n’as pas les vergetures qui viennent avec la grossesse », vous vous sentirez peut-être imposteur lorsqu’une mamy au centre commercial vous dira « Ah, qu’il vous ressemble », mais peu importe, l’amour qui vous unira à cet enfant n’aura rien à envier à l’amour qu’ont une mère et un père envers leur enfant biologique.

Je me sens assez fort(e) pour me lancer dans l’aventure de l’adoption provinciale, mais existe-t-il des organismes qui me permettraient d’adopter un enfant d’ici sans subir beaucoup d’attentes?

Oui, quoique rien n’est garanti en terme de délai d’attente…

Si vous habitez la Montérégie, la Maison l’Escargot et l’Explorateur vous permet d’accueillir un enfant qui a subi beaucoup de ballotage, le défi que représente le syndrome d’attachement sera plus grand, mais les procédures d’adoption seront plus rapides étant donné que l’abandon parental est confirmé : http://www.fcjmonteregie.org/modules/pages/index.php?id=17&langue=fr&menu=2 ?
Si vous vous sentez capable d’adopter un enfant présentant de graves troubles physiques ou mentaux, l’Association Emmanuel vous accompagnera dans ce type d’adoption.

Annie
maman de deux trésors de la DPJ